Cyborgs et Mechas dans l'animation japonaise
Conférence de Sylvie Allouche sur le thème des cyborgs et mechas dans l'animation japonaise
Sylvie Allouche nous a passionné avec sa dernière conférence au Cube sur «L’hybridation homme/machine dans la littérature et le cinéma de science-fiction». Pour ce second volet, et en lien avec notre thématique « Regards d’enfance », elle révélera la vraie personnalité des cyborgs et mechas de notre enfance made in Japon.
" Si le thème de l'hybridation homme-machine, et plus généralement de la transformation humaine, occupe une place grandissante dans la science-fiction occidentale contemporaine, on ne peut être que frappé par le fait que ce sujet semble avoir été d'emblée au cœur de la science-fiction japonaise telle qu'elle s’est exprimée dans le manga, bandes dessinées ou dessins animés. Le thème du cyborg (l'hybride homme-machine proprement dit) est ainsi le point de départ de nombreux univers comme ceux de Ghost in the shell (manga de Masamune Shirow, films animés de Mamoru Oshii, série animée Ghost in the shell : stand alone complex, etc.), ou encore Gunnm de Yukito Kishiro, Dragon Ball d'Akira Toriyama, etc. La créativité japonaise est telle qu'elle est même à l'origine d'une figure spécifique, fait assez rare en science-fiction, à savoir celui du mecha (robot-armure humanoïde) : si tout le monde connaît Goldorak de Go Nagai du fait de sa diffusion sur Récré A2 à la fin des années 70, le thème est à l'origine de nombreuses autres séries qui ont su drainer des fans par millions dans le monde : Astro Boy, Gundam, Robotech, Evangelion, Patlabor, Appleseed, etc. Au sujet de cette immense production, dont la France ne connaît qu’une infime partie, beaucoup de questions peuvent être explorées : si, comme nous en faisons l’hypothèse, le manga de science-fiction s’est d’emblée focalisé sur le sujet de l’hybridation homme-machine, quelles en sont les raisons ? Quel rôle par exemple accorder à l’événement Hiroshima, à l’influence du shintoïsme, ou encore à la nature même du médium ? Est-on fondé, et sur quels critères, à extraire du sein de cette vaste production industrielle, une partie véritablement artistique ou philosophique ? Comment interpréter la réception paradoxale que le genre a connu en France : large diffusion et succès durable d’un côté, mépris et condamnation de l’autre ? "
Sylvie Allouche










